"OBSESSION !"


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L’E X P O S I T I O N :
« O b s e s s i o n ! » (titre provisoire) présente une série de photographies inédites de Yann Arthus-Bertrand. Par ce témoignage, il s’inscrit dans la lignée de Frans Krajcberg. Fasciné, comme lui, par la beauté de la Nature menacée, il magnifie sa fragilité et sa diversité. Le photographe français et l’artiste brésilien ont eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises à ce propos et étaient convaincus, l’un et l’autre, de l’urgence de modifier notre regard sur le monde. Ici, Yann Arthus-Bertrand propose un tirage inédit de 12 photographies spectaculaires sur les formations cristallines du Lac Magadi au Kenya dans la Province de la vallée du Rift.

LAC MAGADI
Province de la vallée du Rift, Kenya

Née d’une déchirure de la croûte terrestre survenue il y a 30 millions d’années environ, la grande fracture du Rift s’étend sur près de 7 000 km dans l’est de l’Afrique. Bordé de hauts plateaux volcaniques, ce vaste fossé d’effondrement, succession de dépressions (rift valleys) allant de la mer Rouge jusqu’au Mozambique, abrite un chapelet de grands lacs (Turkana, Kivu, Tanganyika, Malawi…) et de plus petits comme le lac Magadi, le plus méridional du Kenya.
Alimenté par les eaux des pluies qui lessivent les pentes volcaniques avoisinantes et emportent les sels minéraux, mais surtout par des sources chaudes salines, ce lac contient une eau à haute teneur en sel. Par endroits, sa surface est marbrée de licks, dépôts salins cristallisés mêlés à l’eau saumâtre. Bien qu’inhospitalier, il n’est toutefois pas exempt de vie : une seule espèce de poisson endémique y vit dans des eaux alcalines (pH 10) dont la température dépasse 40 °C. Des millions de flamants nains (Phoenicopterus minor) viennent se nourrir des micro-algues, crevettes et autres crustacés qui prolifèrent.

“Il y a de sen droits magiques sur notre planète et le lac Magadi en fait partie. Situé à 120 kilomètresausud – ouest de Nairobi, c’est vu du ciel qu’il offre son plus beau visage. Yann y est allé cinq fois tant sa fascination pour ce lieu l’obsède. Encore et encore, il a sillonné ce lac toujours changeant, et rapporté les images d’un monde surprenant, envoûtant. Je n’y suis jamais allée mais je le connais comme personne. Il me suffit de me plonger dans les images de Yann et de son obsessionnel besoin d’y revenir, et mon esprit voyage, rêve, de ce monde révélé qu’il capte avec toujours autant d’enthousiasme et d’émerveillement”, témoigne Françoise Jacquot, responsable photo de Yann Arthus Bertrand

YANN ARTHUS-BERTRAND Né, en 1946, Yann Arthus-Bertrand s’est toujours passionné pour le monde animal et les espaces naturels. En 1967, il s’installe dans le centre de la France où il dirige une réserve naturelle. À trente ans, accompagné de son épouse Anne, il part au Kenya pour réaliser une étude sur le comportement d’une famille de lions dans la réserve du Massaï Mara. Pour gagner sa vie, il est pilote de montgolfière et découvre le monde vu du ciel. Sa vocation est née ! Il doit témoigner par l’image de la beauté de la Terre et montrer l’importance de la préserver. Mais pour cela il faut mieux comprendre les comportements humains et les liens tissés entre l’Homme et la Nature, partout à travers le monde.

En 1991, il fonde “Altitude”, la première agence de photographie aérienne dans le monde. Elle regroupe des artistes de toutes nationalités et se tourne vers des séries de longue haleine : “La Terre vue du ciel”… “365 Jours pour réfléchir à notre Terre” … En 2003, “6 milliards d’Autres” présenté au Grand Palais à Paris montre l’Homme et ses multiples facettes.

En 2009, une équipe de réalisateurs, partis à la rencontre d’hommes et de femmes sur tous les continents. Ils rapportent des témoignages filmés en vidéo qui abordent des thèmes universels: la vie, la mort, l’amour, la haine … Comment agir en dépassant les frontières ? Yann Arthus Bertrand fonde GoodPlanet, Association pour la sensibilisation et l’éducation du public à l’environnement où il collabore avec l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) pour le programme Action Carbone qui invite les entreprises, institutions et particuliers des pays du Sud à maitriser leurs émissions de gaz à effet de serre.
En quelques années la notoriété du militant écologiste a rejoint celle du photographe ! Nommé « Ambassadeur de bonne volonté » du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), il réalise “Vu du Ciel” , série documentaire dont chaque épisode explore une problématique écologique. D’abord diffusée sur les chaînes de télévision France 2 et France 3, elle s’exporte aujourd’hui dans 40 pays. “HOME” long-métrage, tourné pour le cinéma montre l’état de notre planète et les défis à relever pour la protéger. “HUMAN” , dresse le portrait de plus de 2000 personnes à travers 65 pays.

PROGRAMMATION PÉDAGOGIQUE Ateliers, stages et visites guidées pour les enfants de 3 à 18 ans pour les sensibiliser à l’environnement par la pratique artistique, à partir de l’œuvre et du message de Frans Krajcberg et Yann Arthus-Bertrand : la protection de la Nature: avec les associations Arty Garage (maternelles), Artexprim (primaires), Ethno Art et Citoyenneté Jeunesse (collèges et lycées) et des établissements scolaires parisiens. Ateliers Art et Environnement pour adultes: avec les organismes de la Fresque pour le Climat; l’Association Nature et Société, l’Association A.R.B.R.E.S., l’ONG Survival International, Autres Brésils France et le Jour de la Terre. L’exposition de Yann Arthus-Bertrand est accompagnée de conférences et d’ateliers de sensibilisation à l’environnement montés par l’Espace Frans Krajcberg, Centre d’Art Contemporain Art et Nature, en partenariat :
Ateliers Art et Environnement pour adultes: avec les organismes de la Fresque pour le Climat; l’Association Nature et Société, l’Association A.R.B.R.E.S., l’ONG Survival International, Autres Brésils France et le Jour de la Terre.
Ateliers, stages et visites guidées pour les enfants de 3 à 18 ans pour les sensibiliser à l’environnement par la pratique artistique, à partir de l’oeuvre et du message de Frans Krajcberg et Yann Arthus-Bertrand : la protection de la Nature: avec les associations Arty Garage (maternelles), Artexprim (primaires), Ethno Art et Citoyenneté Jeunesse (collèges et lycées) et des établissements scolaires parisiens.

REMERCIEMENTS :
COMMISSARIAT DE L’EXPOSITION
Yann Arthus-Bertand Sylvie Depondt, Présidente de l’Association des Amis de Frans Krajcberg, Eric Darmon, Secrétaire Général de l’Association des Amis de Frans Krajcberg, Capucine Boutte, Chargée du développement et des partenariats.

 

LE MANIFESTE DU NATURALISME INTÉGRAL Pierre Restany – Haut Rio Negro – Jeudi 3 août 1978. En présence de Sepp BAENDERECK et de Frans KRAJCBERG (repris en 2013 avec Claude Mollard sous le nom du « Nouveau Manifeste du Naturalisme Intégral) « L’Amazone constitue aujourd’hui sur notre planète 1’ultime réservoir refuge de la nature intégrale. Quel type d’art, quel système de langage peut susciter une telle ambiance. exceptionnelle à tous points de vue, exorbitante par rapport au sens commun? Un naturalisme de type essentialiste et fondamental, qui s’oppose au réalisme et à la continuité de la tradition réaliste, de l’esprit réaliste au delà de la succession de ses styles et de ses formes. L’esprit du réalisme dans toute l’histoire de l’art n’est pas l’esprit du pur constat, le témoignage de la disponibilité affective. L’esprit du réalisme est la métaphore; le réalisme est la métaphore du pouvoir: pouvoir religieux, pouvoir d’argent à l’époque de la Renaissance. pouvoir politique par la suite, réalisme bourgeois, réalisme socialiste, pouvoir de la société de consommation avec le pop-art. Le naturalisme n’est pas métaphorique. Il ne traduit aucune volonté de puissance mais bien un autre état de la sensibilité, une ouverture majeure de la conscience. La tendance à l’objectivité du constat traduit une discipline de la perception, une pleine disponibilité au message direct et spontané des données immédiates de la conscience. Du journalisme, mais transféré dans le domaine de la sensibilité pure : l’information sensible sur la nature. Pratiquer cette disponibilité par rapport au donné naturel, c’est admettre la modestie de la perception humaine et ses limites, par rapport à un tout qui est une fin en soi. Cette discipline dans la conscience de ses propres limites est la qualité première du bon reporter: c’est ainsi qu’il peut transmettre ce qu’il voit en  » dé-naturant  » le moins possible les faits. Le naturalisme ainsi conçu implique non seulement la plus grande discipline de la perception mais aussi la plus grande ouverture humaine.
En fin de compte la nature est et elle nous dépasse dans la perception de sa durée. Mais dans l’espace-temps de la vie d’un homme, la nature est la mesure de sa conscience et de sa sensibilité. Le naturalisme intégral est allergique à toute sorte de pouvoir ou de métaphore du pouvoir. Le seul pouvoir qu’il reconnaît n’est pas celui, abusif de la société, mais celui, purificateur et cathartique de l’imagination au service de la sensibilité. Ce naturalisme est d’ordre individuel : l’option naturaliste opposée à l’option réaliste est le fruit d’un choix qui engage la totalité de la conscience individuelle. Cette option n’est pas seulement critique, elle ne se limite pas à exprimer la crainte de l’homme devant le danger que fait courir à la nature l’excès de civilisation industrielle et urbaine. Elle traduit l’avènement d’un stade global de la perception, le passage individuel à la conscience planétaire. Nous vivons une époque de double bilan. A la fin du siècle s’ajoute la fin du millénaire, avec tous les transferts de tabous et de paranoïa collective que cette récurrence temporelle implique, à commencer par le transfert de la peur de l’an 1000 sur la peur de l’an 2000, l’atome à la place de la peste.
Nous vivons ainsi une époque de bilan. Bilan de notre passé ouvert sur notre futur. Notre Premier Millénaire doit annoncer le Second. Notre civilisation judéo-chrétienne doit préparer sa Seconde Renaissance. Le retour à l’idéalisme en plein XXeme siècle super-matérialiste, le regain d’intérêt pour l’histoire des religions et la tradition de l’occultisme, la recherche de plus en plus pressante de nouvelles iconographies symbolistes: tous ces symptômes sont la conséquence d’un processus de dématérialisation de l’objet initié en 1966 et qui est le phénomène majeur de l’histoire de l’art contemporain en occident. Après des siècles de  » tyrannie de l’objet  » et sa culminance dans l’apothéose de l’aventure de l’objet comme langage synthétique de la société de consommation, l’art doute de sa justification matérielle, il se dématérialise, il se conceptualise. Les démarches conceptuelles de l’art contemporain n’ont de sens que si elles sont examinées à travers cette optique autocritique. L’art s’est lui-même mis en position critique. Il s’interroge sur son immanence, sa nécessité, sa fonction. Le naturalisme intégral est une réponse. Et justement par sa vertu d’intégrisme, c’est-à-dire de généralisation et d’extrémisme de la structure de la perception, c’est-à-dire de planétarisation de la conscience, il se présente aujourd’hui comme une option ouverte, un fil directeur dans le chaos de l’art actuel. Autocritique, dématérialisation, tentation idéaliste, parcours souterrains symbolistes et occultistes : cette apparente confusion s’ordonnera peut-être un jour à partir de la notion de naturalisme, expression de la conscience planétaire. Cette restructuration perceptive correspond à une véritable mutation et la dématérialisation de l’objet d’art, son interprétation idéaliste, le retour au sens caché des choses et à leur symbologie, constituent un ensemble de phénomènes qui s’inscrivent comme un préambule opérationnel à notre Seconde Renaissance, l’étape nécessaire à la mutation anthropologique finale. Nous vivons aujourd’hui deux sens de la nature. Celui ancestral du donné planétaire, celui moderne de l’acquis industriel et urbain. On peut opter pour l’un ou pour l’autre, nier l’un au profit de l’autre, l’important c’est que ces deux sens de la nature soient vécus et assumés dans l’intégrité de leur structure ontologique, dans la perspective d’une universalisation de la conscience perceptive. Le Moi embrassant le Monde et ne faisant qu’un avec lui, dans l’accord et l’harmonie de l’émotion assumée comme l’ultime réalité du langage humain. Le naturalisme comme discipline de la pensée et de la conscience perceptive est un programme ambitieux et exigeant, qui dépasse de loin les perspectives écologiques actuellement balbutiantes. Il s’agit de lutter beaucoup plus contre la pollution subjective que contre la pollution objective, la pollution des sens et du cerveau, beaucoup plus que celle de l’air ou de l’eau. Un contexte aussi exceptionnel que l’Amazone suscite l’idée d’un retour à la nature originelle. La nature originelle doit être exaltée comme une hygiène de la perception et un oxygène mental: un naturalisme intégral, gigantesque catalyseur et accélérateur de nos facultés de sentir, de penser et d’agir ».

Photographies Yann ARTHUS-BERTRAND

Sponsor : ROCHER PARTICIPATIONS et VILLE DE PARIS

Du 08/09/2022 au 23/11/2022
ESPACE FRANS KRAJCBERG - Centre d'art contemporain Art et Nature
Chemin du Montparnasse, 21 avenue du Maine
75015 Paris
France

Horaires : du mardi au samedi de 14h à 18h, jusqu'à 20h le mercredi. ENTRÉE LIBRE
Téléphone : +33 9 50 58 42 22
contact@espacekrajcberg.fr
www.espacekrajcberg.fr