NUNCA MI ALMA
(Jamais mon âme)


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Prostitution maya
Guatemala – 2007 / 2009
Solitude, rejet, honte, peur, mort…
Après 30 années de Guerre Civile (1960-1996) on compte 200 000 personnes massacrées et 45 000 portées disparues, toutes issues des communautés Maya. Le Guatemala a signé un accord de paix le 29 décembre 1996. Ce fut sans conteste le conflit le plus tragique d’Amérique Latine. Douze ans après, les tensions envers ces populations persistent, le Guatemala est devenu un pays de non droit, où règne la terreur, le racisme, et le machisme.
Une personne d’identité Maya est à peine plus considérée qu’un chien…
Beaucoup de femmes indigènes exercent le travail du sexe, afin de pouvoir survivre.
Au vu des réalités sociales, économiques et politiques du pays, nombreuses sont celles qui, suite au conflit armé, se retrouvent seules et démunies avec des enfants à charge.
Nombreuses sont les femmes dont les hommes ont fui les communautés pour le rêve américain, les laissant sans ressource.
Nombreuses sont celles qui ont fui les divers abus (sexuels…) subis au sein de leurs propres familles.
Nombreux sont ceux qui partent pour vivre dans le corps qu’ils ont choisi.
Elles (ils) quittent leur communauté et leur identité culturelle pour Guatemala city où, dans des conditions de vie inhumaine elles (ils) se raccrochent à la vie quelle qu’elle soit, dans l’espérance d’un futur meilleur.

 – 1897 femmes ont été assassinées ces quatre dernières années au Guatemala, 5 cas ont été élucidés. La majorité des victimes sont des travailleuses du sexe.
 – Avant un procès pour viol, de nombreux juges conseillent à la victime un accord financier avec son agresseur. Le viol « simple » s’arrange avec 3000 quetzals (300 euros) – avec 5000 quetzals si la femme est enceinte. Une autre solution recommandée est le mariage entre l’agresseur et sa victime pour « sauver l’honneur » de celle-ci.
 – Les violences conjugales, les viols et les crimes passionnels sont enracinées par l’idée que l’homme peut se servir d’une femme comme de sa propriété.
 – Quatre-vingt pour-cent de ces travailleuses sont actuellement porteuses du VIH.LEGENDES : 01- Guatemala City. Rosa 40 ans, vit avec sa fille de 13 ans et son petit fils de 1 an dans sa maison en tôle, sans eau ni électricité.  Elle exerce la prostitution depuis 30 ans.02- Chimaltenango. Le Tango AZUL. Chambre de passe la journée, puis « logement » la nuit.03- Guatemala La Terminal. Maria après une passe. L’effet des liqueurs et des drogues permet à ces femmes d’affronter  ce qu’elles vivent en occultant la réalité. 04- Guatemala, ZONE 1 La Linea. Cette femme est vêtue du costume traditionnel. Les clients mayas préfèrent! Nombreuses sont celles qui le portent sans être d’origine maya afin de faire plus de passes dans la journée.05- Chimaltenango. Bar donnant sur la grande route du Nord, celle qui mène aux Etats Unis. Des centaines de camionnettes y passent tous les jours.06- La Terminal, Guatemala City. Au petit matin, à la sortie d’un hôtel de passe. Cet homme ivre mort a les mains dans son pantalon pour éviter de se faire voler.07- Chimaltenango. L’identification, le délire des grandeurs. Cette femme attend les clients. Les journées sont souvent très longues. 08- Chimaltenango. Noémie a été vendue à un bar par ses parents à l’âge de 11 ans.  Sa famille n’arrivait plus à subvenir à ces besoins.09- Guatemala City. Centre Ville. Les rafles anti prostitution sont nombreuses. Il arrive que des véhicules blindés passent avec des mitrailleuses pour les déloger ou même les tuer.10- Guatemala City. Une patronne d’un établissement. Le Guatemala est un pays très armé.11- Chimaltenango. Fernanda, assassinée, torturée pour des raisons inconnues. Son corps a été retrouvé meurtri. D’après les autorités, elle aurait été renversée par une voiture !12- Guatemala City. Les conditions de vie sont très précaires pour ces femmes. Elles vivent au sein même des établissements sans eau ni électricité. Toilette à l’eau de pluie.13- Petit village près de Coban Angela, dit Hector de sa vraie identité, retrouve sa grand-mère après 10 années d’absence. Elle n’a jamais pu lui dire qu’elle se prostitue à la capitale sous le nom d’Angela.14- Petit village près de Coban. Après 10 d’absence. Chassée de sa communauté, en tant qu’homme à l’âge de 8 ans, Angela revient en tant que femme pour récupérer ses papiers d’identité, le même jour à lieu le mariage de son cousin. Elle sera séquestrée toute la journée et ne pourra assister au mariage en raison de sa transsexualité.15- Chimaltenango. La famille d’Angela. Ces femmes préparent des poulets à l’occasion du mariage.16- Coban. Angela retrouve sa cousine. Elle lui prête son habit traditionnel, celui que portent toutes les femmes de sa communauté. Elle l’enfile pour la première fois.17- Guatemala Zone 1.Les logements sont très chers et souvent inaccessibles sans fiches de salaire.Les femmes et surtout les jeunes venant des campagnes vivent souvent à 5 ou 6 dans des appartements de 2 pièces.18- Escuintla. Hôtel de passe. Les femmes retournent une fois par mois dans leurs familles quand elles ont l’autorisation et les moyens de le faire.19- Guatemala City.20- Chimaltenango.21- Chimaltenango. Derrière le bar, l’autel de Maximon (protecteur Mayas des prostituées…) 22- Guatemala City. Ixchel a eu son premier rapport sexuel forcé à l’âge de 6 ans. Contaminée par le VIH elle vit dans le silence pour ne pas être rejetée.23- Guatemala City. Rosa et sa Fille de 13 ans – Rosa  a déclaré être la mère de l’enfant de sa fille de 12 ans (violée par des jeunes de son village) par peur des représailles de la communauté.  Sa fille est restée durant 6 mois enfermée dans sa maison.24- Guatemala city. Election de Miss Transsexuelle. Rassemblement semi-clandestin. L’homosexualité et la transsexualité sont considérées comme un crime au Guatemala.25- Guatemala City. L’insécurité est permanente dans les rues de la capitale, personne ne traine le soir hormis les femmes qui exercent le service sexuel. Les voitures ne s’arrêtent pas au feu rouge…

Photographies KEIL Adeline